📄 Résumé de l’article
Les rodenticides, aussi appelés raticides ou souricides, sont des produits chimiques utilisés pour éradiquer les rats et les souris. Très employés par les professionnels de la dératisation, ils sont aujourd’hui strictement encadrés afin de limiter les risques sanitaires, environnementaux et les résistances des rongeurs.
Rats et souris représentent une menace sanitaire et économique majeure. Porteurs de maladies, destructeurs de denrées alimentaires et responsables de dégradations matérielles, ils font l’objet d’une surveillance constante en milieu urbain comme agricole.
Pour lutter contre ces nuisibles, les rodenticides sont depuis longtemps une solution courante. Toutefois, leur efficacité s’accompagne de risques qui ont conduit les autorités à encadrer leur utilisation de manière stricte, en particulier pour les professionnels de la 3D.
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Qu’est-ce qu’un rodenticide ?
Un rodenticide est une substance active ou un produit biocide destiné à tuer les rongeurs, principalement le rat brun (Rattus norvegicus), le rat noir (Rattus rattus) et la souris domestique (Mus musculus).
Ces produits sont disponibles sous différentes formes :
- Blocs paraffinés pour les lieux humides ;
- Pâtes fraîches très appétentes, adaptées aux zones sèches ;
- Grains et céréales en sachets faciles à épandre ;
- Poudres de contact ou phosphure de zinc, utilisées plus rarement.
Chaque formulation est conçue pour s’adapter à une situation particulière (lieu, niveau d’infestation, espèce ciblée).
Types de rodenticides et substances actives
Les rodenticides se classent principalement en deux grandes familles.
Les anticoagulants
Ils représentent la majorité des produits disponibles sur le marché. Leur action consiste à provoquer des hémorragies internes après ingestion. La mort survient généralement quelques jours après la prise, évitant la méfiance des rongeurs.
On distingue :
- Les anticoagulants de première génération : warfarine, chlorophacinone, coumatétralyl ;
- Les anticoagulants de seconde génération (SGAR) : brodifacoum, bromadiolone, difénacoum, flocoumafène, diféthialone.
Ces derniers sont plus puissants et nécessitent des précautions particulières, car ils présentent un risque accru pour la faune non ciblée.
Les rodenticides non anticoagulants
Moins fréquents, ils regroupent :
- Le phosphure de zinc, qui libère un gaz toxique dans l’estomac des rongeurs.
- Le chloralose, utilisé contre les souris à basse température.
Certains composés historiques comme la strychnine, désormais interdite.
Réglementation en France et en Europe
L’utilisation des rodenticides est strictement encadrée par le Règlement européen (UE) n° 528/2012 relatif aux biocides. En France :
- Seuls les produits ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par l’ANSES peuvent être utilisés.
- Les produits les plus concentrés sont réservés aux professionnels certifiés, les particuliers ayant accès uniquement à des doses plus faibles.
- L’appâtage permanent est interdit depuis décembre 2022 : les rodenticides ne peuvent plus être utilisés en prévention, mais seulement en cas d’infestation avérée.
- La formation certibiocide est obligatoire pour tous les applicateurs professionnels.
Ces obligations concernent directement les dératiseurs et entreprises de la 3D, qui doivent garantir la sécurité de leurs interventions et le respect de la réglementation.
Risques et limites des rodenticides
Même utilisés par des professionnels, les rodenticides comportent plusieurs risques :
- Toxicité pour les humains et les animaux domestiques : ingestion accidentelle pouvant provoquer des hémorragies internes, vomissements, vertiges ou coma.
- Empoisonnement secondaire : prédateurs (rapaces, renards, chats) contaminés après avoir ingéré un rongeur empoisonné.
- Résistance génétique : certaines populations de rats et souris développent une résistance aux anticoagulants.
- Impact environnemental : contamination des sols et de la faune sauvage.
Ces limites expliquent pourquoi les professionnels sont encouragés à intégrer les rodenticides dans une stratégie de lutte raisonnée.
Bonnes pratiques pour les professionnels de la 3D
Pour sécuriser leurs interventions, les entreprises de la 3D doivent appliquer des bonnes pratiques :
- Utiliser des stations d’appâtage sécurisées, en évitant tout accès aux enfants et animaux domestiques.
- Mettre en place un diagnostic préalable pour confirmer l’infestation avant tout traitement.
- Choisir la bonne substance active selon l’espèce ciblée et la situation.
- Alterner les produits pour éviter la résistance.
- Documenter les interventions et informer les clients des précautions à prendre.
Ces pratiques assurent une meilleure efficacité et renforcent la sécurité des opérations de dératisation.
Conclusion
Les rodenticides constituent un outil incontournable pour lutter contre les rats et les souris. Utilisés par les professionnels de la dératisation, ils sont soumis à un cadre réglementaire strict et doivent être employés avec précaution.
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